“Ne prenez pas les gens en otage” : dans les Vosges, la réplique de Macron aux cheminots ne passe pas

“Ne prenez pas les gens en otage” : dans les Vosges, la réplique de Macron aux cheminots ne passe pas

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Rien ne s'est passé comme prévu lors du déplacement d'Emmanuel Macron à Saint-Dié-des-Vosges ce 18 avril. Alors qu'il devait visiter une scierie et se promener dans une forêt pour promouvoir la “filière bois” vosgienne, il a fait un détour par cette commune pour présenter son plan “Action cœur de ville”. Mais un comité d'accueil de quelques dizaines de cheminots opposés à la réforme ferroviaire l'attendait à la sortie de l'hôtel de ville, comme le raconte Le Monde.

“Je n’accepte pas les sifflets dans mon dos”

Habitué à aller au devant de ses opposants sur le terrain pour dialoguer, Emmanuel Macron a tenté une fois de plus le coup. La scène rappelle sa visite aux ouvriers de Whirlpool à Amiens dans l'entre-deux tours de la présidentielle. Mais cette fois-ci, l'échange a tourné en sa défaveur. Alors que les huées ont vite couvert les applaudissements, le président a lancé aux cheminots en colère : “On peut avoir des désaccords, mais on peut s’expliquer. Mais je n’accepte pas les sifflets dans mon dos”.

Mais, alors que le mouvement d'opposition à cette réforme dure depuis déjà plusieurs semaines, l'argumentaire des opposants est bien rodé, et la semaine médiatique du chef de l'Etat n'y a rien changé : “Vous parlez de la dette de la SNCF, mais les cheminots n’y sont pour rien ! Cette dette, c’est la vôtre, c’est celle de l’Etat, elle n’a rien à voir avec le statut des cheminots”, soulève un syndicaliste CGT. Comme à l'accoutumée, Emmanuel Macron reste droit dans ses bottes : “Je n’ai jamais dit que votre statut était la cause de la dette, mais vous êtes plus protégés que les fonctionnaires, répond Emmanuel Macron. Si on veut faire avancer la SNCF, on a besoin de réformer”. 

“Ceux qui veulent le désordre et la violence, je n’ai rien à leur dire”

Fin de la scène ? Que nenni. Alors que le plan com' de l'Elysée prévoyait une déambulation dans les rues de la commune, un autre groupe de contestataires, chauffé par l'attente (comme le souligne Libé), l'interpelle à son tour. Emmanuel Macron s'énerve alors : “Ceux qui veulent le désordre et la violence, je n’ai rien à leur dire. Je vous demande d’accepter le changement, ne prenez pas tout le monde en otage”. L'expression, déjà épinglée à la télévision par un syndicaliste qui avait été réellement pris en otage au Bataclan le 13 novembre 2015, démultiplie la colère : “Ne dites pas ça, on ne prend personne en otage ! On n’est pas en Syrie, on n’est pas des terroristes !”, réplique-t-on.

Le Monde note que le chef de cabinet du président s'est adressé à un responsable du service d'ordre en lui disant : “Vous me virez le groupe de siffleurs, c’est un ordre du président. On ne veut plus les voir !”. Les CRS ont eu raison des contestataires, repoussés derrière le cortège présidentielle. Mais le chemin de croix d'Emmanuel Macron n'était pas fini : des retraités, puis des étudiants en colère l'ont aussi interpellé. Comme quoi, contrairement à ce qu'il disait à Edwy Plenel lors de son interview dimanche soir, les colères sont peut-être bien en train de se "coaguler"...



Source : https://www.lesinrocks.com/2018/04/19/actualite/ne-prenez-pas-les-gens-en-otage-dans-les-vosges-la-replique-de-macron-aux-cheminots-ne-passe-pas-111073890/
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Date de parution : 19 April 2018 | 10:33 am